Histoire et géographie

Histoire

Montgermont est un lieu d’habitat très ancien, probablement favorisé par la présence d’eau ; les nombreux étangs actuels en font foi. Une hache en pierre polie a été découverte en 1974 dans des déblais d’origine locale entre Coupigné et le chemin de la Duchesse Anne. Ce style de haches a été trouvé sur les sites néolithiques dès le Ve millénaire avant notre ère.

On note aussi, dès les années 1970, les vestiges d’une ellipse de talus orientée est-ouest à l’ouest de Coupigné, qui en aurait été un espace habité. Les fouilles préventives de 2013 ont confirmé cette intuition.

Enfin, il est admis que le chemin de la Duchesse Anne est une voie antique aménagée en voie romaine qui reliait Rennes (Condate, pays des Riedones) à Corseul d’une part et à Alet (Saint-Malo) d’autre part. Ces deux routes divergeaient un peu au sud du bourg actuel, la trace est encore visible aujourd’hui. Les dernières fouilles archéologiques de 2013 étape cette hypothèse.

De septembre à novembre 2013, au préalable à la construction de la ZAC “Les Petits Prés”, des fouilles archéologiques préventives ont été effectuées par le bureau d’études et valorisations archéologiques, Evéha.

Elles ont permis de mettre à jour une occupation rurale antique dont une pars urbana de type “villa” (26m * 8 m) du XIe siècle située en bordure d’un réseau de chemins et voies aux abords de Rennes Condate du Ier au IVe siècle.

Montgermont est citée dès 1152 comme trêve de la paroisse de Pacé dépendant, comme cette paroisse, de l’abbaye de Saint Melaine. Il est probable que Montgermont fut érigée en paroisse au début du XIIIe siècle. À cette époque, l’abbaye de Saint-Melaine possédait en Montgermont une métairie dont les revenus étaient unis à l’aumônerie du monastère. Or, en 1218 Geffroy, abbé de Saint Melaine, du consentement de l’aumônier, afferma cette métairie à Raoul, prêtre de Montgermont et au clerc Bernard, son neveu.

Dans le plan ci-dessus (Moyen-Âge), la motte médiévale (1), qui existe encore aujourd’hui près de l’église (2), était au départ entourée d’une enceinte. L’actuel centre bourg était occupé par une métairie et son manoir (3). L”église était alors orientée au nord. À droite de l’actuelle église on distingue par vue ancienne les vestiges des fondations de l’ancienne chapelle.

Source : cadastre ancien – archives départementales d’Ille et Vilaine – 3P5417 – extrait de “Le village éclaté. Habitat et société dans les campagnes de l’Ouest au Moyen-Age” de Daniel Pichot (Presses universitaires de Rennes. 2002).

L’église se compose aujourd’hui d’une simple nef à laquelle ont été ajoutées successivement deux chapelles : celle du Midi appartenant aux seigneurs de Galisson, est signalée dès 1613 ; celle située au Nord ne date que de 1848. C’est d’ailleurs à cette époque que l’église fut désorientée : en transférant le maître autel à l’Ouest, est installé à l’Est le porche actuel et le petit clocher. L’ancien porche a été remis en valeur en 1988 lors des travaux de restauration de l’église.

Les seigneurs de Montgermont jouissaient des droits de fondation et de prééminence en cette église.

Il est fait mention dès 1080 d’Even de Montgermont. La seigneurie de Montgermont appartînt successivement aux familles de Montgermont, Freslon, de la Roche, Thébault et Drouet. André Drouet l’acheta en 1676 et déclara en 1678 posséder à Montgermont même “un manoir avec deux tours en terre, dans l’enclos duquel sont l’église et le cimetière, et y joignant une motte haulte et eslevée plantée de vieux chesnes” ; il ajouta que le recteur lui devait, le jour de la Pentecôte, “5 deniers des oblations faites au grand autel”, et que les mariés devaient “dire leurs chansons sur ladite motte”.

Cette motte, qualifiée d’exceptionnelle par des guides conférenciers de Destination Rennes,  existe encore près de l’église, mais le manoir situé à l’emplacement de l’école Gérard Philipe a disparu. La route qui sépare l’église de la motte est vraisemblablement la voie antique menant de Rennes à Avranches, Aleths et Corseul.

Le 18 avril 1789 un habitant de Montgermont, Michel Gérard, cultivateur au Tuel, fut élu député aux États Généraux. Il s’y rendit en habits de paysan et se fit remarquer par Louis XVI. “Bonjour mon Bonhomme” lui dit-il un jour à Versailles. Homme de bon sens “Le Père Gérard”, ainsi que tout le monde l’appelait, monta plusieurs fois à la tribune et ses interventions ne manquèrent pas d’intérêt. Deux d’entre elles qui dénotent son honnêteté sont entrées dans l’histoire. Elles ont trait l’une et l’autre au traitement parlementaire. Le “Père Gérard” déclara ne pas vouloir toucher un sou pendant ses absences, puis il déposa une motion aux termes de laquelle le traitement de 1790 ne serait pas alloué parce que les députés n’avaient pas assez travaillé à la Constitution. À la fin de la session parlementaire il revint dans sa ferme du Tuel où il mourut le 7 décembre 1815(1).

(1) La vie et la carrière politique de Michel Gérard ont fait l’objet d’un ouvrage de Charles Tillon : “Le Laboureur et la République”. Ce livre est à votre disposition à la médiathèque municipale L’Embarc@dère.

La ferme du Tuel existe encore. Michel Gérard a également vécu dans la ferme de Coupigné avec son épouse.

Le premier logo de la commune de Montgermont était inspiré des armes d’une famille seigneuriales de Montgermont, la famille Raoul, branche qui s’est éteinte au XVe siècle. Il s’agissait de “losanges d’or et de gueules à la face d’azur frettée d’argent”.

En 2006, une charte graphique est mise en place avec un logo modernisé. Sa forme d’écusson évoque l’ancien, le graphisme intérieur représente quelques éléments remarquables du patrimoine de la commune : ses vallées, sa motte féodale et son église et constitue en même temps le M de Montgermont.

Géographie

Montgermont est une des plus petites communes du département en superficie, elle s’étale sur 467 hectares. Située sur un plateau d’une cinquantaine de mètres d’altitude, le point culminant (61 mètres) se situe à la limite de la commune sur la route de la Chapelle des Fougeretz. Ce plateau est traversé par les vallées des deux ruisseaux du petit et grand Marais d’Olivet, séparés par un monticule sur lequel le bourg s’est construit.

L’élément essentiel des paysages de Montgermont est constitué par ces deux larges vallées dont le fond marécageux constitue un élément écologique d’un grand intérêt. La vallée du ruisseau du grand Marais d’Olivet, en particulier, sont des espaces naturels d’exception. En ce qui concerne la flore, l’intérêt est départemental, voire régional et à ce titre cette vallée est inscrite au patrimoine écologique à protéger.

À noter également l’existence d’un très ancien chemin, dit de la Duchesse Anne, traversant la commune du sud au nord. Ce chemin, creux sur une partie de son itinéraire et bordé de vieux arbres. Cette voie antique a fort probablement été empruntée par les Galloromains, elle reliait à l’époque Rennes à Corseul.

Un chemin pédestre, permettant de rejoindre la Chapelle des Fougeretz a été ouvert en 2001.

Une évolution rapide à partir de 1968

La population montgermontaise a presque quintuplé entre 1968 et 1999 passant de 600 à plus de 2 800 habitants. Population essentiellement rurale jusqu’en 1960, elle ne compte plus maintenant que 1 % d’agriculteurs.

Une quinzaine de commerces de proximité et un tissu associatif dynamique font de Montgermont une commune vivante et agréable.

Parallèlement à l’accroissement de la population, la création des zones d’activités artisanales et tertiaires, Décoparc et Marebaudière, à l’entrée de ville, a permis l’implantation d’un peu moins de 200 entreprises. Ces deux zones commerciales initialement dédiées à la décoration et à la vente de mobilier se sont peu à peu diversifiées vers des activités de loisirs, de sports et de santé.