Patrimoine

L'ancienne mairie et l'ancienne école publique

Rue Pierre TexierA l'ombre du noyer, la cour d'école ne résonne plus depuis longtemps des cris d'enfants. Au fil du temps et de la croissance de la commune, la destination des bâtiments communaux de la rue Pierre Texier a bien évolué.

Les deux bâtiments ne sont pas nés la même année. La "petite mairie" date de 1923, alors que l'ancienne école publique était déjà construite depuis 1910. Comme dans de nombreux villages de France, la mairie et l'école se côtoient pendant près d'un demi-siècle (l'instituteur assurait le plus souvent le secrétariat de la mairie).

Longtemps l'école n'accueillit d'ailleurs qu'une classe unique. Avec la croissance de la commune, des classes préfabriquées sont implantées sur le terrain qui se trouve derrière, puis une nouvelle école publique est construite. En 1971, à l'occasion du transfert des élèves vers l'école Gérard Philipe, une partie de l'école est transformée en logement de fonction. Pendant ce temps, la "petite mairie" est à l'étroit dans ses locaux…

Mais laissons parler Daniel Belloir, secrétaire de Mairie de 1973 à 1978 :

fronton ancienne mairie"La mairie, avant 1979, se trouvait au 10 rue Pierre Texier, le Club des jeunes actuellement. Un bâtiment de 40 m², avec une salle de 30 m² et une pièce en long de 5m par 2m de large. Dans la pièce principale nous trouvions au fond, pratiquement à la place de la porte qui donne accès maintenant à la cour derrière, le bureau du secrétaire de mairie, seul employé administratif avant 1974, une grande table recouverte d'un tapis vert et quelques classeurs, ainsi que le chauffage à accumulation qui existe encore. La grande table était utilisée lors des mariages ou pour réunir les membres du conseil municipal et des commissions municipales. Derrière la cloison en bois avec un vitrage brouillé, nous trouvions la pièce en long, sorte de couloir. Au mur, les étagères recevaient les archives communales et les gros dossiers.

La commune se développant, l'embauche d'un agent administratif s'imposait. Le bureau d'accueil lui était confié et le secrétaire de mairie travaillait à la grande table, nécessitant à chaque réunion et à chaque mariage de libérer la table et de pousser dans la petite salle derrière les classeurs à roulettes. De même le premier photocopieur trouva sa place dans ce petit local derrière la cloison.

Pour mémoire il faut noter que dans cette mairie, nous trouvions la bibliothèque ; l'assistante sociale y venait tous les mois faire ses permanences. Deux fois par an, il y avait la séance des vaccinations regroupant l'ensemble des enfants de la commune, et le Crédit Mutuel de Bretagne accueillait ses sociétaires tous les samedis après-midi."

plan ancienne mairie

En 1979, l'équipe municipale passe de l'autre côté de la cour. L'ancienne salle de classe devient la salle du Conseil Municipal et les autres pièces sont transformées en bureaux. Au début des années 80, une extension est construite, avec des toilettes publiques au niveau de la rue, des toilettes et un bureau à l'étage. De 1980 à 1989, la "petite mairie" est occupée par le Centre Communal d'Activités (aujourd'hui Gué d'Olivet). Le plan ci-dessus précise la destination des différentes pièces à ce moment là.
Avec la reconstruction du centre bourg, la nouvelle mairie est construite et l'équipe municipale s'y installe en 1988. A partir de 1989 et jusqu'en 1993, le Gué d'Olivet utilise les locaux pour ses réunions de conseil d'administration et pour la pratique du modélisme bateaux.
Aujourd'hui, après avoir été jusqu'en 2005 partagés entre le Club des jeunes et ASPANORD (*), les locaux de la rue Pierre Texier sont entièrement utlisés par le Club des jeunes.

ancienne mairie 1   ancienne mairie 2

(*) Cette association d'aide au maintien à domicile des personnes âgées dispose aujourd'hui de nouveaux locaux, plus adaptés, rue Marin Marie.

Remerciements à nos "mémoires vives" : Daniel Belloir et Marie-Jeanne Auffray


L'église

eglise 1   eglise 2

L'église de Montgermont est citée dès 1152 comme trêve de la paroisse de Pacé, dépendant comme cette paroisse de l'abbaye de Saint Melaine de Rennes. Elle semble avoir été érigée en paroisse au début du 13e siècle. Elle fut trêve de Saint Grégoire de 1814 à 1820. L'église est dédiée à Saint-Martin de Tours. Elle se compose d'une simple nef à laquelle ont été rajoutées successivement deux chapelles : celle du midi appartenant aux seigneurs de Galisson (signalée dès 1621) et celle du nord qui ne date que de 1848. A cette dernière époque on désorienta l'église en transférant le maître-autel à l'ouest, et en construisant à l'est le petit clocher sous lequel s'ouvre le porche actuel.

L'ancienne fenêtre ogivale du chevet, au dessus de cette grande porte, contient les armes des seigneurs de Montgermont, qui portaient losange d'or et de gueules à la face d'azur frettée d'argent. Le porche ancien a été remis en valeur en 1988 lors des travaux de restauration de l'église. Quelques pierres tombales très intéressantes mais dont les inscriptions sont en partie effacées se trouvent à l'intérieur et à l'extérieur de l'église.
Le maître-autel en bois de style néo-classique, installé vers 1830, a été restauré il y a une dizaine d'années. Le tableau représentant l'assomption de la Vierge est entouré des statues de Saint-Martin, patron de la paroisse et de Saint-Pierre.

Les autels retables latéraux sont en bois ciré néo-renaissance : A droite de la nef se trouve l'autel de Sainte-Anne de 1851, à trois corps avec niche à encadrement :

  • Au centre, il comprend une statue de Sainte-Anne et de la Vierge en plâtre,
  • à droite, une statue de Saint-Nicolas avec les enfants dans le saloir,
  • et à gauche, une statue de Sainte-Thérèse de l'enfant Jésus, entourée d'ex-voto.

A gauche de la nef se dresse l'autel de la Sainte Vierge datant de 1858, surmonté d'un dais très orné. Au centre se tient la Vierge au moulage polychrome, à sa droite Saint-Antoine, et à sa gauche Saint Jean-Marie Vianney. Dans une petite niche on peut voir la statue de Notre Dame de Fatima.

eglise 3   vitrail

Le chemin de croix, datant de 1850, est constitué par des gravures en couleurs de la veuve Turgis Paris, texte français et espagnol, cadre en bois (à noter que la station n°4 a été refaite par Guy Hardy).

Près de l'entrée, on peut voir les fonts baptismaux en grès rouge à deux corps ornés d'écussons effacés. Datant du 15e ou 16e siècle, ils sont classés monuments historiques (les cuves ont été recouvertes par un couvercle double en cuivre par M. Bellanger, artisan local).

Au mur, un tableau de Guy Hardy représentant le baptême du Christ (il remplace une toile perdue ou volée lors de la restauration des boiseries, retrouvée et en restauration actuellement).

En 1965, après le concile Vatican II, un autel fut dressé à l'avant du chœur, afin que le prêtre puisse célébrer la messe face aux fidèles. Une séparation faite de balustres de bois séparait le chœur et les fidèles. Elle fut enlevée lors de l'installation du nouvel autel. La chaire où le prêtre faisait son sermon fut également enlevée car elle masquait la vue du chœur aux fidèles. Dans les années 1978 à 1980, la commune fit une grande rénovation à l'église. Le maître-autel et le retable furent remis en état par un décorateur professionnel en 1988 et les confessionnaux enlevés pour donner plus de place dans les chapelles.

En 1965, l'harmonium a été remplacé par l'orgue actuel.

En 1993, à la demande du Père Guimont, la commune refait le sol et un bénévole en retraite remet en état le chemin de croix.

En 2003, l'oratoire (ancienne sacristie) a été restauré, vitraux et boiseries, avec l'aide de Messieurs Hardy et Galland pour ces dernières.

Enfin, l'église possède une armoire à bannières qui se trouve dans la chapelle nord.

Le cimetière

Le cimetière a été déplacé à la Rébunière à partir de 1972. Le transfert des tombes a été achevé en 1983 (autorisation des familles oblige). Il reste une tombe côté nord, et trois pierres tombales côté sud. Projet porté par Jane Beusnel puis par Henri Le Polotec, maires successifs de l'époque, l'espace vert que nous connaissons aujourd'hui sous le nom de jardin Henri le Polotec est venu entourer l'église, donnant au centre bourg une originalité et un charme reconnus.

Les cloches

cloche

Le temps n'est pas si lointain où les cloches étaient mises en branle par un carillonneur, M. Ozanne (qui assurait également les fonctions de bedeau, de fossoyeur et exerçait aussi la profession de cordonnier). Depuis 1975, les cloches ont été électrifiées et sont programmées par une horloge électrique. Nostalgie : l'angélus de midi était une attraction pour les enfants, qui sortant des écoles, s'arrêtaient pour admirer le carillonneur en action.

La cloche la plus ancienne "Prudence Georgette" (photo à droite), sonnant l'Angélus fut fondue à Rennes en 1816. Un peu plus grosse, l'autre cloche, "Julie Françoise", fut fondue à Villedieu-les-Poêles en 1855. Ces deux cloches rythmaient ainsi la vie des Montgermontais depuis près de 150 ans. Cependant, Prudence Georgette, 270 kg et Julie Françoise, 350 kg allaient mal ensemble. Une troisième cloche aurait risqué de détonner encore davantage. Il aurait fallu (pour les musiciens) non pas un la et un si bémol, mais un la, un si et un do dièse. Prudence Georgette, 185 ans, a donc été mise à la retraite. Ornée de fleurs de lys marquant le retour de la royauté en 1815, elle est exposée depuis l'an 2001 au bas de l'église où chacun peut l'admirer et deux cloches neuves ont été commandées. Aujourd'hui donc, trois cloches rythment notre vie : "Aude" : en si (pour les oreilles musicales) ; "Klervia" : en do dièse ; "Julie Françoise" : en la.

Vous pouvez également consulter les dossiers électroniques de l'inventaire du patrimoine départemental consacrées à l'église de Montgermont en cliquant sur l'image ci-dessous :

inventaire


La motteLa motte

Située au Centre Bourg, la "Motte de Montgermont", signalée dès 416, doit sa préservation à ses dimensions d'origine imposantes : trente mètres de diamètre sur cinq mètres de hauteur. Elle était entourée d'un fossé. Une basse-cour s'étendait au pied de la Motte et englobait la chapelle seigneuriale citée dès 1152 comme trêve de Pacé. Le château de Montgermont appartenait aux seigneurs de ce nom dès 1086. Un aveu de 1678 apprend que les nouvelles mariées de l'année devaient "dire leur chanson" sur la dite "Motte", et le recteur devait à la seigneurie, le jour de la Pentecôte, 5 deniers des oblations faites au grand autel.

La motte médiévale (1), située près de l'église (2), était au départ entourée d'une enceinte. L'actuel centre bourg était occupé par une métairie (3). L''église était alors orientée au nord.

d'après le cadastre ancien - arch. dep. d'Ille et Vilaine - 3P5417 - extrait de "Le village éclaté. Habitat et société dans les campagnes de l'Ouest au Moyen-Age" de Daniel PICHOT (Presses universitaires de Rennes. 2002).


La mairie actuelle, ancienne ferme de la Métairie

mairie

La ferme de la Métairie, dont le corps de logis abrite aujourd'hui les locaux de la mairie, est une ferme du début du 19e siècle assez caractéristique de l'architecture rurale de la commune par l'emploi de la terre en matériau du gros œuvre, et par ses lucarnes pendantes à croupe débordante.

Mairie ancienne

Au milieu du XXe siècle, la ferme de la Métairie était encore en exploitation et comportait plusieurs bâtiments, dont certains ont aujourd'hui disparu. Après la fin de l'exploitation agricole, les bâtiments furent achetés par la commune (en 1977) ; les rénovations débutèrent en 1982. Le bâtiment principal servit d'atelier communal jusqu'à la construction de l'atelier actuel, rue de la Rébunière. La rénovation fut terminée en 1988, avec la transformation en mairie, rénovation inscrite dans la transformation de tout le centre bourg, qui a alors adopté la configuration que l'on connaît aujourd'hui.

Metairie   Grange   cellier

L'ensemble de "la ferme" se composait de (voir plan ci-dessus) :

  • Cellier (1) : Un grand cellier avec de gros fûts de cidre et un pressoir. Aujourd'hui disparu (vers les années 60), il comportait une charpente d'architecture particulière en forme de bateau renversé.
  • Mare (2) : Elle servait de réserve d'eau pour abreuver les animaux et pour les diverses activités liées aux travaux de la ferme.
  • Grange (3) : Elle servait de réserve pour la ferme (pommes de terre, légumes, etc.)
  • Bâtiment Ouest (4) (Métairie Ouest) : Ce bâtiment était divisé en trois parties : un garage pour la voiture particulière des agriculteurs, les écuries, les logements des commis agricoles. Le bâtiment a été rénové en 1982, sous le mandat de Jane Beusnel, (Maire de 1976 à 1983). Il a abrité la halte garderie jusqu'en 2001 ; Aujourd'hui, le Syrenor occupe l'étage, le rez-de-chaussée abrite une salle de réunion et une agence postale (depuis 1996)
  • Bâtiment central (5) : il se composait de quatre parties : un cellier (en partie en sous-sol) - c'est aujourd'hui la salle du conseil municipal et des mariages - l'habitation du maître des lieux, la laiterie et un grenier qui surmontait les parties habitation et laiterie. Ce bâtiment a été rénové en 1988, sous le mandat de M. Le Polotec (Maire de 1983 à 1989) et abrite depuis les locaux de la mairie de Montgermont.
  • Bâtiments Est : ils se composaient d'une porcherie et une étable pour taureau (6). Après sa rénovation, il a abrité la bibliothèque municipale (jusqu'en 1983), puis le Syrenor. C'est aujourd'hui le Point Info, avec une salle de réunion à l'étage. Au sud de ce bâtiment, il existe un passage, aujourd'hui couvert, qui abrite l'accès à l'étage de l'autre bâtiment.
  • "les communs" (7) (Métairie Est), avec une étable pour les vaches, à proximité de la laiterie. Il abrite aujourd'hui au rez-de-chaussée une salle d'activités (physiques) qui accueillait le Ciné Poche (avant son transfert à Espace Évasion) et une salle "activités - réunions" à l'étage. Le bâtiment a été rénové en 1982 sous le mandat de Jane Beusnel.
  • Et bien sûr le "tas de fumier" (8)

Sur le plan figure également l'ancienne route "de Rennes à Avranches".


Les "pas du père Boursoul"Boursoul

A 300 mètres au Sud de l'église, à la Croix de la Mettrie, on montre sur le talus Ouest du chemin les traces de deux pieds qui restent toujours marquées et sont appelées " les pas du missionnaire". C'est là que, peu de temps avant la Révolution, le prédicateur Joseph Boursoul aurait prédit, au cours d'une mission, les troubles prochains et aurait ajouté qu'en témoignage à la vérité de ses paroles, l'herbe ne pousserait plus à l'endroit où il se tenait.


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